Eugène Le Roy

Eugène Le Roy 

  • Eugène Le Roy est un écrivain français né au château de Hautefort (Dordogne) le 29 novembre 1836 et mort à Montignac le 6 mai 1907.

  • Vie et œuvres
  • 1836 : naissance d'Eugène Le Roy, fils d'un couple de domestiques du baron d'Hautefort. Leur emploi force ses parents à le placer en nourrice chez une paysanne des environs. Ses souvenirs d'enfance marqueront fortement son œuvre future, dans laquelle abondent les enfants abandonnés.
  • 1842-1847 : école rurale d'Hautefort à une époque où la majorité des enfants demeurent analphabètes.
  • 1848 : de son séjour à Périgueux, où il fréquente l'École des Frères, Eugène retiendra surtout le souvenir de la plantation d'un Arbre de la Liberté pour célébrer l'avènement de la Deuxième République.
  • 1851 : refusant le séminaire, l'adolescent se retrouve commis épicier à Paris ; il fréquente des artisans socialistes et, la rage au cœur, assiste à la mise en place du Second Empire.
  • 1854 : engagé dans un régiment de Chasseurs à cheval, il participe aux campagnes d'Algérie puis d'Italie. Cassé de son grade de brigadier pour indiscipline, il démissionne au bout de 5 ans.
  • 1860 : reçu au concours des Contributions directes, Eugène Le Roy devient aide percepteur à Périgueux.
  • 1870 : après la débâcle du Second Empire, il s'engage dans les Francs-tireurs pour combattre l'envahisseur prussien pendant la Guerre franco-allemande.
  • 1871 : une fois la défaite française définitive, il rejoint la perception de Montignac.
  • 1877 : à la grande indignation de la bonne société, le futur écrivain épouse civilement sa compagne, dont il a déjà un fils de trois ans, reconnu lors de sa naissance. Son non-conformisme entraîne sa révocation. Il obtiendra difficilement sa réintégration l'année suivante. Bientôt, il consacrera la majeure partie de ses loisirs à l'écriture, utilisant les matériaux emmagasinés pendant toute son existence.
  • En 1877, il fait une demande d'admission à la loge maçonnique " Les Amis Persévérants et l'Etoile de Vesone Réunis " à l'Orient de Périgueux. Mais le préfet de la Dordogne a reçu l'ordre du ministre de l'Intérieur, Oscar Bardy de Fourtou, de fermer certaines Loges dont celle-ci. Eugène Le Roy n'est initié qu'en 1878 après que Mac Mahon ait perdu les élections d'octobre 1877 ( Histoire de la Franc-Maçonnerie en Périgord, Fanlac, 1989 ). A partir de ce moment, Eugène Le Roy écrit dans les journaux locaux, Le Réveil de la Dordogne notamment, des articles républicains et anticléricaux. Il suit en cela l'orientation politique et philosophique de la Franc-Maçonnerie radicale de la fin du XIXe siècle qui orientera les gouvernements vers la Séparation des Églises et de l'État. Le Moulin du Frau, première œuvre romanesque d'Eugène Le Roy publiée en 1891, est une véritable leçon de radicalisme sous la IIIe République.
  • 1890 : Le Moulin du Frau.eugene_le_roy
  • (Traditions et Révolutions en Périgord pendant la seconde moitié du dix-neuvième siècle.
  • _ « C’était à Périgueux, le soir de la Saint-Mémoire de l’année 1844. Nous étions à souper dans notre petit logement de la rue Héras ; il y avait là mon oncle Sicaire, le meunier du Frau, et son vieux camarade et ami, M. Masfrangeas, chef de bureau à la Préfecture, puis moi troisième, jeune drôle de seize ans. La quatrième place était celle de ma mère ; mais la pauvre femme ne s’asseyait que par moments, tant elle était occupée du service, comme c’est la coutume chez les petites gens, dans notre vieux Périgord… »
  • 1896 : Mademoiselle de la Ralphie.
  • (Déchéance d’une fille de la noblesse dévorée par la passion pendant la Monarchie de Juillet.)
  • _ « Le petit castel de Guersac est situé sur les bords de la Vézère, non loin de la région des grottes préhistoriques qui ont fait une célébrité à ces cantons si pittoresques et autrefois si inconnus du Périgord… »
  • 1897 : Jacquou le Croquant eugene_le_roy
  • (Révoltes d’un petit paysan contre les injustices sociales de son temps, depuis la Restauration jusqu’à la fin du dix-neuvième siècle.)
  • _ « Le plus loin dont il me souvienne, c’est 1815, l’année que les étrangers vinrent à Paris, et où Napoléon, appelé par les messieurs du château de l’Herm “ l’ogre de Corse ”, fut envoyé à Sainte-Hélène, par-delà les mers. En ce temps-là, les miens étaient métayers à Combenègre, mauvais domaine du marquis de Nansac, sur la lisière de la Forêt Barade, dans le haut Périgord… »
  • 1899 : Les gens d'Auberoque.
  • (Bourgeoisie provinciale et affairisme sous le Second Empire et la Troisième République.)
  • _ « C’était une pluvieuse après-midi de novembre de l’année 1866. Sur le seuil du bureau des messageries sis place Francheville, à Périgueux, un grand jeune homme, en caban de voyage, attendait, accoté au chambranle… »
  • 1900 : La petite Nicette et le grand Milou.
  • (L’enfance abandonnée : Restauration et Monarchie de Juillet)
  • « Dans la nuit obscurcie de froides brumes, les murailles lépreuses de l’hospice d’Hautefort se voient à grand’peine. À trente pas du pignon de l’ancien logis des chapelains, tout contre le mur du petit cimetière des pauvres, où dorment tant de générations de misérables que la mort a délivrés, un homme est assis sur les talons, guettant. »
  • 1902 : L'Année Rustique en Périgord.
  • (Tableaux champêtres au long des mois du calendrier révolutionnaire.)}
  • Eugène Le Roy prend sa retraite à Montignac.
  • 1904 : Refus de la Légion d'Honneur.
  • Au pays des pierres.
  • (Scènes de la vie campagnarde pendant les dix-huitième et dix-neuvième siècles.)
  • « Dans la vaste cuisine de l’ancienne communauté paysanne des Agrafeils, à une extrémité de la grande table barlongue, une quinzaine de personnes étaient assises. Au bout haut siégeait le “ maître ” Bertrand Agrafeil, vieil homme de soixante ans. À sa droite était Françoise Agrafeil, la “ ménagère ”, fille ancienne aux environs de la cinquantaine… »
  • 1907 : Inhumé civilement, Eugène Le Roy laisse un dernier ouvrage : Le Parpaillot, qui paraîtra six ans après son décès sous le titre : L'Ennemi de la Mort
  • (Combat solitaire et vain d’un médecin de campagne contre les préjugés, les conformismes et les égoïsmes.)
  • _ « On ne peut pas dire au juste duquel des trois fils de Noé qui étaient dans l’arche les Charbonnières sont issus. Dans la famille, jadis, on en disputait. Le défunt docteur Nathan, bonhomme eu demeurant, mais un brin raillard à ses heures, disait que c’était de Cham, à cause que tous ceux de la parentèle étaient moricauds un petit… »
  • Citations

  • « Mon existence n'a point été sans peine, mais elle s'est écoulée du moins sans regrets et surtout sans remords, ce qui n'est pas peu de chose. »
  • « L’égoïsme m’indigne, la méchanceté m’exaspère, l’injustice me révolte, la misère me saigne le cœur. »
  • « Mes bonshommes sont des personnages, non d'imagination, mais d'observation. »

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