Marcel Proust

 

Marcel Proust

Né le 10 juillet 1871 à Auteuil

Décédé le 18 novembre 1922

  • Sa Biographie :
  • Fils d’un professeur de médecine réputé, Valentin Louis Georges Eugène Marcel Proust est né le 10 juillet 1871 à Auteuil, commune déjà annexée à Paris dans une famille fortunée qui lui assure une vie facile et lui permet de fréquenter les salons mondains. Sa mère, Jeanne Weil, fille d'un agent de change juif, lui apporte une culture riche et profonde et une affection parfois envahissante. Son père, Adrien Proust, fils d'un commerçant d'Illiers (Eure-et-Loir), professeur à la faculté de médecine de Paris, est le premier grand hygiéniste français, conseiller du gouvernement pour la lutte contre les épidémies.
  • Après des études au Lycée Condorcet, au cours desquelles il se lie avec Jacques Bizet, le fils du compositeur Georges Bizet, et avec Lucien Daudet, fils du romancier Alphonse Daudet, il devance l’appel sous les drapeaux et accomplit son volontariat à Orléans. Rendu à la vie civile, il suit à l’École libre des sciences politiques les cours d’Albert Sorel (qui le juge « Pas intelligent » lors de son oral de sortie) et d'Anatole Leroy-Beaulieu ; à la Sorbonne ceux d'Henri Bergson, son cousin, au mariage duquel il sera garçon d'honneur et dont l’influence sur son œuvre a été parfois jugée importante, ce dont Proust s'est toujours défendu.
  • En 1894, il publie Les Plaisirs et les Jours, un recueil de poèmes en prose, portraits et nouvelles dans un style décadent. Illustré par Madeleine Lemaire dont Proust fréquente assidûment le salon avec son ami Reynaldo Hahn, le livre passe à peu près inaperçu et vaut à Proust une réputation de mondain dilettante qui ne se dissipera qu'après la publication des premiers tomes de À la recherche du temps perdu.
  • À partir de l'été 1895, il entreprend la rédaction d'un roman qui relate la vie d'un jeune homme épris de littérature dans le Paris mondain de la fin du XIXe siècle. Publié en 1952, ce livre, intitulé, à titre posthume, Jean Santeuil, du nom du personnage principal, est resté à l'état de fragments mis au net mais ne constitue pas un ensemble achevé. Proust y évoque notamment l'Affaire Dreyfus dont il fut un des acteurs passionnés. Il est ainsi un des premiers à faire circuler une pétition favorable au capitaine français accusé de trahison et à la faire signer par Anatole France.
  • Vers 1900, il abandonne la rédaction de ce roman qui nous est parvenu sous forme de fragments manuscrits découverts et édités dans les années 1950 par Bernard de Fallois. Il se tourne alors vers l'esthète anglais John Ruskin. Cet intellectuel anglais touche-à-tout ayant interdit qu'on traduise son œuvre de son vivant, Proust le découvre dans le texte et au travers d'articles et d'ouvrages qui lui sont consacrés, comme celui de Robert de la Sizeranne, Ruskin et la religion de la beauté. À la mort de Ruskin, en 1900, Proust entreprend de le traduire. À cette fin, il entreprend plusieurs « pèlerinages ruskiniens », dans le Nord de la France, à Amiens notamment et surtout à Venise, où il séjourne avec sa mère.
  • Cet épisode fut repris dans Albertine disparue. Les parents de Marcel jouent d'ailleurs un rôle déterminant dans le travail de traduction. Le père l'accepte comme un moyen de mettre à un travail sérieux un fils qui se révèle depuis toujours rebelle à toute fonction sociale et qui vient de donner sa démission d'employé non rémunéré de la Bibliothèque Mazarine. La mère joue un rôle beaucoup plus direct. Marcel Proust maîtrisant mal l'anglais, elle se livre à une première traduction mot à mot du texte anglais, à partir de ce déchiffrage, Proust peut alors « écrire en excellent français, du Ruskin », comme le nota un critique à la parution de sa première traduction, La Bible d'Amiens (1904).
  • Si ce travail, ainsi que la deuxième traduction, Sésame et les lys (1906), est salué par la critique, dont Henri Bergson, le choix des œuvres traduites ne se révèle pas heureux et l'ensemble est un échec éditorial. C'est pourtant pour le futur écrivain un moment charnière où s'affirme sa personnalité. En effet, il accompagne ses traductions de notes abondantes et de préfaces longues et riches qui occupent une place presque aussi longues que le texte traduit. Surtout, tout en traduisant Ruskin, Proust prend progressivement ses distances avec lui, jusqu'à critiquer ses positions esthétiques. Cela est particulièrement perceptible dans le dernier chapitre de sa préface à La Bible d'Amiens qui tranche avec l'admiration parfois aveugle des trois premiers. Proust reproche notamment à Ruskin son idolâtrie esthétique, critique qu'il adressa également à Robert de Montesquiou et qu'il fit partager par Swann et Charlus dans La Recherche. Pour Proust, c'est dévoyer l'art que d'aimer une œuvre parce que tel écrivain en parle ; il faut l'aimer pour elle-même.
  • Après la mort de ses parents, sa santé déjà fragile se détériore davantage (asthme). Il vit reclus et s’épuise au travail. Son œuvre principale, À la recherche du temps perdu, est publiée entre 1913 et 1927 ; le premier volume est édité à compte d’auteur chez Grasset, mais très rapidement les éditions Gallimard reviennent sur leur refus et acceptent le deuxième volume À l’ombre des jeunes filles en fleurs pour lequel il reçoit en 1919 le prix Goncourt. Son homosexualité inavouable dans la société de l'époque est latente dans son œuvre. Il travaille sans relâche à l’écriture des cinq livres suivants de À la recherche du temps perdu, jusqu'en 1922. Il meurt épuisé, le 18 novembre 1922 emporté par une bronchite mal soignée. Marcel Proust est enterré au cimetière du Père Lachaise à Paris.
  • Ses Oeuvres :
  • Les Plaisirs et les Jours (1896) chez Calmann-Lévy ;
  • La Bible d'Amiens, traduction libre de l'ouvrage de John Ruskin The Bible of Amiens (1904) au Mercure de France ;
  • « La Mort des cathédrales », article publié dans Le Figaro, 16 août 1904
  • Sésame et les lys, traduction libre de l'ouvrage de John Ruskin Sesame and Lilies (1906) au Mercure de France ;
  • À la recherche du temps perdu
    • Du côté de chez Swann (1913) chez Grasset ;
      • Partie 1 : Combray
      • Partie 2 : Un amour de Swann
      • Partie 3 : Nom de pays: le nom
    • À l'ombre des jeunes filles en fleurs (1919) chez NRF, reçoit le Prix Goncourt la même année ;
    • Le côté de Guermantes I et II (1921-1922) chez NRF ;
    • Sodome et Gomorrhe I et II (1922-1923) chez NRF ;
    • La Prisonnière (posthume, 1923) chez NRF ;
    • Albertine disparue (posthume, 1925)
    • Le Temps retrouvé (posthume, 1927) chez NRF ;
  • Pastiches et Mélanges (1919) chez NRF ;
  • Chroniques (1927) ;
  • Jean Santeuil (posthume, 1952) ;
  • Contre Sainte-Beuve (posthume, 1954), essai.
  • Correspondance :
  • Plusieurs volumes posthumes, publiés à partir de 1928, dont la grande édition en 6 tomes publiée par Robert Proust : Correspondance générale (1930-1936).
  • Ces lettres sont reprises, augmentées, et assorties d'une annotation universitaire par Philip Kolb : Correspondance (Plon, 1971-1993).
  • Plus récemment, une édition anthologique corrigée, avec de nouvelles lettres inédites : Marcel Proust, Lettres (Plon, 2004).

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