Baie de Somme/P. Lebesgue

 

Baie de Somme

 

  • Dans la baie où la Somme , à plaisir paresseuse,
  • Etend sous le brouillard sa nappe aux tons d'acier
  • Des voiles passent, que la brise incline et creuse ;
  • Des voiles partent loin du port hospitalier.
  • Des femmes, des enfants ont largué les amarres,
  • Et regardent s'enfuir, avec leurs ailes d'or,
  • Dans le soleil, les fiers bateaux qui se préparent
  • A tenter de nouveau les embûches du sort.
  • Là-bas, vers le Hourdel, tout au bout de la digue,
  • Je les vois dusparaître, au delà des galets,
  • Où la houle du jour vient heurter sa fatigue
  • Avec un chant plaintif qui ne finit jamais.
  • Et je songe soudain à des flottes anciennes,
  • Aux quatre cents vaisseaux que pousse vers Albion
  • De Duc normand, portant la guerre à leurs antennes
  • Et l'audace à la proue, ainsi qu'un pavillon.
  • Je songe aux grands départs pour les mers inconnues,
  • Et, pendant que s'échappe un troupeau d'oiseaux blancs,
  • Mes songes à leur tour, dans les clartés accrues,
  • Prennent le large ainsi que font les goélands.
  • Que d'espoirs sur les flots, que de pleurs au rivage !
  • L'homme est ainsi créé que son coeur inquiet
  • Chérit ce qu'il ignore et qu'il tient pour servage
  • De dormir tout son saoul dans le lit qu'on lui fait ...
  • (Fenêtres sur le monde)

 

Extrait du recueil : Florilège Poétique

Les Editions : Les Primaires

 

 

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