Le Relique/J. Donne

 

La Relique

  • Quand au-dessus, mon tombeau fut à nouveau descellé
    Quelque deuxième invité à traiter
    Car les tombeaux ont appris ce trait bien feminin
    D’être plus qu’une personne par lit
    Celui qui élargit la tombe, apercevant
    Un bracelet de cheveux brillants collé à mes os,
    Ne nous laissera pas seuls,
    Il se dit que ci-gît un couple d’amants
    Qui pensait que cette installation put être un abri
    Pour préparer leurs âmes au Jour Dernier
    Ou se réunir pour un court purgatoire.


    Si cela survient à une époque, ou dans un pays
    Où la superstition fait la loi
    Alors lui, qui nous déterre, nous portera
    A l'évêque, et au roi,
    Pour faire de nous des reliques; puis
    Tu seras une Marie-Madeleine, et moi
    Un quelque chose de proche.
    Toutes les femmes nous adoreront, et quelques hommes;
    Et puisqu'à certaines époques on est hanté par les miracles
    J’aurais cet âge par ce texte enseigné
    Où nous, inoffensifs amants, les écrivîmes


    D’abord, nous nous bien aimâmes de bon amour et de bonne foy,
    Bien que ne sachant pas ce qu’aimions, ni pour quoy;
    De la différence des sexes, jamais n'en connûmes plus
    Que nos anges gardiens;
    Venant et allant, nous,
    Pouvions le cas échéant nous tirer la révérence, mais
    en dehors des nutritives prières
    Nos mains jamais ne touchèrent
    Les chastes joints de notre tombe;
    Que la nature, blessée par les récentes lois du temps
    laissait descellée.
    Ces miracles que nous fîmes! Mais maintenant hélas,
    J'outrepasserais toute mesure et tout langage
    Si je disais quel miracle elle était.

 

 

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