Périgord/J. Planchard

 

Périgord

 

  • Les herbes murmuraient, la rivière était calme
  • Et sur ses bords vivait silencieusement
  • Tout un peuple menu. Alors, comme des palmes
  • Me feuillage se mit à battre lentement.
  •  
  • C'était un jour d'été - lequel - lorsque j'y pense
  • Ma mémoire se perd dans un dédale obscur
  • J e sais qu'il faisait beau, et que, comme une offense
  • Un uage passait quelquefois dans l'azur.
  •  
  • Ami d'un jour, ami, me chantait la feuillée
  • Souviens-toi, s'il se peut même éternellement
  • De la terre en sommeil que tu as réveillée
  • Sans le vouloir, pour te reposer un moment.
  •  
  • C'est un très vieux pays dont as choisi l'ombre.
  • Et l'homme aura aimé y vivre dès l'instant
  • Où délaissant la nuit pour des périls sans nombre
  • Il est devenu l'Etre agisssant et pensant.
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  • Là, il a trouvé, l'abri, la nourriture
  • Et la rivière dont tu admires le cours
  • Lui a sans doute appris à aimer la nature
  • Pour la première fois, ô jour ente les jours !
  •  
  • Puis il se mit, au fond de grottes vénérables
  • A dessiner, à peindre, et c'est ainsi qu'est né,
  • Dans la pure beauté de fresques véritables,
  • L'Art, L'Art tel su'aujourd'hui en demeure étonné.
  •  
  • Vinrent sur ce pas, depuis, de grands orages
  • Et il dut cahoter à travers les combats
  • Qui l'ont ensanglanté. Mais, toujours, son image
  • A ressurgi, sereine, au-dessus des débats.
  •  
  • Mais il lui faut la paix, constante en son silence ;
  • Pour avoir vécun le val rêve aujourd'hui
  • Et dort. Respecte donc son unique défense :
  • Ne pas créer ici de trouble ni de bruit.
  •  
  • Ainsi parla longtemps la prenante verdure
  • Et je compris soudain que tout était bien vrai :
  • La grotte proche avec ses antiques peintures
  • Et le calme infini qui m'avait attiré.
  •  
  • Je vis le doux feuillage et la roche farouche
  • Surplombant la rivière, et, bâti tout en haut,
  • Faisant face au soleil comme une fière touche
  • De pierres mordorées dans l'azur; le château.
  •  
  • Et touts'harmonisait, rien ne restait quelconque
  • Le moindre peuplier devenait ostensoir
  • Et la vallée enfin devenait une conque
  • Où seul je m'abreuvais dans la douceur du soir.
  •  
  • Je demeurai longtemps ainsi. Sans qu'il paraisse
  • Les ombres s'allongeaient sans mesures, et soudain
  • Je sus que le couchant et sa rouge caresse
  • Allaint s'éteindre. Alors je me levai enfin.
  •  
  • Je quittais à regret cette très vieille terre,
  • Et, sentant que toujours je m'en ressouviendrais,
  • Sans altérer sa paix, sans trhir son mystère
  • Je sus qu'elle était belle et que je reviendrais.
  •  
  • Extrait du recueil : "Marées"
  • Poètes du temps présent - La pensée universelle

 

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