Reste, O ma douce, ne te lèves pas!/J. Donne

 

Reste, O ma douce, ne te lèves pas!

  • Reste, O ma douce, ne te lèves pas!
    La Lumière qui brille vient de tes yeux;
    Ce n'est pas le jour qui perce; c'est mon coeur qui est percé,
    Parce que toi et moi devons nous séparer
    Reste, ou sinon toute joie chez moi mourra
    Et périra dans sa prime enfance.


    C'est vrai, c'est le jour: Que pourrait-ce être d'autre?
    O, vas-tu disparaître à mes yeux?
    Pourquoi devrions-nous s'éloigner parce qu'il fait jour?
    Nous sommes-nous couchés parce qu'il faisait nuit?
    L'Amour, qui en dépit de l'obscurité, nous conduisit ici,
    Devrait, en dépit du jour, nous garder unis.


    La Lumière n'a pas de langue, mais elle est tout regard
    Si elle pouvait parler aussi bien qu'espionner,
    Sa langue ne pourrait être pire
    Que de dire: "Je me sens bien ici, je resterais volontiers
    J'aime tant mon coeur et mon honneur
    Que je ne m'éloignerais pas de lui qui les a tous les deux"


    En résulte-t-il que tu dois arrêter tes activités?
    Oh! c'est la pire des plaies de l'amour!
    La pauvreté, le faible d'esprit, les fripouilles, l'amour peut
    Les admettre, mais pas l'homme -à-ses-affaires,
    Celui qui fait des affaires et fait l'amour, fait les deux
    mal, comme l'homme marié qui court la prétentaine.

 

 

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