Tristesses de la lune/C. Baudelaire

  • Tristesses de la lune

  • Ce soir, la lune rêve avec plus de paresse ;
    Ainsi qu'une beauté, sur de nombreux coussins,
    Qui d'une main distraite et légère caresse
    Avant de s'endormir le contour de ses seins,

    Sur le dos satiné des molles avalanches,
    Mourante, elle se livre aux longues pâmoisons,
    Et promène ses yeux sur les visions blanches
    Qui montent dans l'azur comme des floraisons.

    Quand parfois sur ce globe, en sa langueur oisive,
    Elle laisse filer une larme furtive,
    Un poète pieux, ennemi du sommeil,

    Dans le creux de sa main prend cette larme pâle,
    Aux reflets irisés comme un fragment d'opale,
    Et la met dans son coeur loin des yeux du soleil.

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Commentaires (1)

Skripka

Bonsoir. Je découvre votre blog avec un grand plaisir. Quelle délicieuse promenade. Je vous le dis : je glane pour fêter les 18 ans de la nièce d'un ami. J'emprunte ce poème "tristesses de la lune" pour l'occasion, en vous remerciant de laisser généreusement tout ce travail de recherche à disposition. Magnifique. Je vous souhaite un beau week end.

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