L'arbre

 

  • L'arbre
  • Il y avait autrefois de l'affection, de tendres sentiments,
    C'est devenu du bois.
    Il y avait une grande politesse de paroles,
    C'est du bois maintenant, des ramilles, du feuillage.
    Il y avait de jolis habits autour d'un cœur d'amoureuse
    Ou d'amoureux, oui, quel était le sexe?
    C'est devenu du bois sans intentions apparentes
    Et si l'on coupe une branche et qu'on regarde la fibre
    Elle reste muette
    Du moins pour les oreilles humaines,
    Pas un seul mot n'en sort mais un silence sans nuances
    Vient des fibrilles de toute sorte où passe une petite fourmi.
    Comme il se contorsionne l'arbre, comme il va dans tous les sens,
    Tout en restant immobile !
    Et par là-dessus le vent essaie de le mettre en route,
    Il voudrait en faire une espèce d'oiseau bien plus grand que nature
    Parmi les autres oiseaux
    Mais lui ne fait pas attention,
    Il faut savoir être un arbre durant les quatre saisons,
    Et regarder, pour mieux se taire,
    Écouter les paroles des hommes et ne jamais répondre,
    Il faut savoir être tout entier dans une feuille
    Et la voir qui s'envole
    .

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