La poésie à la renaissance

La poésie à la renaissance


  • La Renaissance est une période de rénovation littéraire, artistique, et scientifique, qui se produisit en Europe par la diffusion de la connaissance de lettrés.
  • cet article aborde le thème dans ses aspects historiques.
    Ce mouvement eut comme origine l'Italie : une Pré-Renaissance se produisit dans plusieurs villes d'Italie dès le XIVe siècle (Trecento), se propagea dans toute l'Italie, en Espagne, dans certaines régions d'Europe du Nord et d'Allemagne au XVe siècle, puis gagna l'ensemble de l'Europe au XVIe siècle.
  • Dans le courant du XVe siècle et au XVIe siècle, ce mouvement permit à l'Europe de se lancer dans des expéditions maritimes d'envergure mondiale, connues sous le nom de grandes découvertes.
  • La Renaissance s'accompagna aussi d'un ensemble de réformes religieuses.
  • Ce grand mouvement permit à l'Europe de dépasser la technique et la culture des Arabes et des Chinois.
  • Selon l'historien anglais John Hale, ce fut à cette époque que le mot Europe entra dans le langage courant, et fut doté d'un cadre de référence solidement appuyé sur des cartes et d'un ensemble d'images affirmant son identité visuelle et culturelle.

  • Tentative de définition:
    Le concept de Renaissance est difficile à définir.
  • Selon Jean Delumeau (en 1999), spécialiste de la Renaissance, le mot Renaissance nous est venu d'Italie, où l'on parlait de la Rinascita des lettres et des arts dès la fin du XIVe siècle (les italiens disent aujourd'hui Rinascimento).
  • Le terme de Renaissance a été repris en 1860 par l'historien de l'art suisse Jacob Burckhardt (1818-1897) dans son livre Civilisation de la Renaissance en Italie.
  • Beaucoup d'auteurs donnent une définition sous forme d'extension temporelle. Pour certains auteurs, cette période peut être très longue, pour d'autres très courte :
  • D'un point de vue académique français, l'Histoire de la Renaissance commence après la fin du Moyen Âge, en 1453 (chute de Constantinople), et se termine à la mort de Charles Quint en 1558.
    D'autres auteurs la font débuter en 1492 (découverte de l'Amérique par Christophe Colomb, prise de Grenade),
    D'autres auteurs vont de Pétrarque (1303-1374) à la mort de Shakespeare (1616),
    D'autres encore vont de la première implantation portugaise en Afrique du Nord (1415) à la mort de Henri IV (1610).
    D'autres auteurs enfin vont jusqu'à mettre en doute la pertinence d'une définition temporelle. Au sujet de ce débat, voir, par exemple, Paul Oskar Kristeller (1905-1999).
  • Jean Delumeau (en 1999) indique que l'on a donné au terme un sens toujours plus large.
  • Il importe de reconnaître les causes de la Renaissance, ses différents aspects, et de distinguer les interactions culturelles entre les différents pays d'Europe, selon chaque domaine.
  • Jean Delumeau qualifie ainsi la Renaissance de grande marche en avant de l'Europe aux XVe siècle et au XVIe siècles.
  • Naissance d'une identité européenne:
    L'historien anglais John Hale, quant à lui, souligne que les lettrés du Moyen Âge avaient conscience qu'ils vivaient sur un continent appelé Europe par les géographes, pour le distinguer de l'Asie et de l'Afrique.
  • En revanche, la grande masse des habitants de l'Europe n'avaient jamais entendu ce terme : ils lisaient difficilement, et « le clergé leur parlait comme à des chrétiens appartenant au continent choisi par la Divine providence pour être le foyer de la vraie foi. »
  • En somme, les européens n'avaient pas pleinement conscience de leur identité culturelle.
  • Diffusion de l'information par l'imprimerie:
    L'une des découvertes qui impacta le plus les hommes de la Renaissance fut la découverte de l'imprimerie.
  • Avant l'invention de ce procédé par Gutenberg en 1453, l'écriture des livres était faite à la main, par des clercs, qui étaient les seuls capables de maîtriser les techniques d'écritures : au XIe siècle et XIIe siècle, les manuscrits étaient retranscrits par des moines dans les scriptoria. C'était l'une des deux principale tâches des moines à l'époque ; ils les embellissaient par des enluminures. D'autre part, la langue employée dans les manuscrits était le latin.
  • Les universités disposaient d'un quasi-monopole dans l'éducation et la diffusion de l'information. Les puissantes universités de Bologne, de Paris, de Salamanque, d'Oxford, et de Cambridge, étaient seules habilitées à diffuser le savoir, selon les méthodes éprouvées de la scolastique. Le droit était l'une des principales disciplines dans ces universités.
  • Le savoir était ainsi réservé aux clercs, qui disposaient de l'éducation nécessaire à la compréhension des textes.
  • L'imprimerie permit brusquement d'ouvrir l'accès à la connaissance à d'autres cercles. Il devint possible, par l'édition de livres à partir du milieu du XVe siècle…), de mieux comprendre les faits.

  • Relecture de l'Antiquité
    Il est fréquent de dire que durant la Renaissance, on s'intéressa de nouveau à l'Antiquité grecque et romaine, ce qui accompagna le mouvement intellectuel de l'"humanisme".
  • En fait, l'Antiquité n'était pas inconnue au Moyen Âge :
  • La culture antique était conservée bien avant le XVe siècle par Isidore de Séville, Bède le Vénérable…,
    Platon était déjà connu à la cour de Charlemagne (même si celui-ci avait des difficultés à écrire), sous l'influence de plusieurs lettrés (Alcuin…),
    De nombreux auteurs grecs furent redécouverts par l'intermédiaire des savants arabes (Avicenne vers l'An mil, puis Averroès vers 1130, pour ne citer que quelques noms) : ce fut ainsi que l'on redécouvrit Aristote en occident aux XIe et XIIe siècles,
    Les auteurs tels qu'Ovide, Virgile, Cicéron, (liste très incomplète)…étaient connus.
    Ce qui est juste, c'est que cette culture était réservée à une élite composée essentiellement de clercs, dans les monastères, puis, à partir du XIIIe siècle, dans les écoles urbaines, c'est-à-dire les premières universités européennes (école scolastique).
  • On sortit progressivement de cette situation de monopole :
  • Pétrarque et ses amis, dès le XIVe siècle (Trecento) élargirent la gamme des auteurs antiques connus,
    L'« humaniste » Flavio Biondo découvrit de nouvelles œuvres d'auteurs romains, et entreprit des fouilles archéologiques dans le Forum romain (vers 1430),
    En 1453, Constantinople fut prise par les Turcs ottomans, qui brûlèrent la bibliothèque. Les Grecs qui travaillaient dans cette bibliothèque furent contraints de fuir en Italie, emportant leur savoir, et les manuscrits qu'ils purent sauver.
    La même année l'invention de l'imprimerie allait permettre d'amplifier le phénomène.
  • Par conséquent :
  • L'archéologie permit de redécouvrir l'art antique : sculpture, arts décoratifs...
    La connaissance de la culture antique s'élargit à davantage d'auteurs antiques (latins et grecs) et se répandit d'abord en Italie, puis en Europe. Cette culture imprégna un nouveau réseau d'« humanistes », Erasme, Thomas More, Guillaume Budé…), qui constituèrent une nouvelle élite.
    En fait, si le terme humanités existait déjà, le terme humanisme ne fut employé qu'à partir du XVIIIe siècle (selon Jean Delumeau).
  • En France : le français devient langue officielle
    L'usage des patois diminue. En 1539, François Ier, par édit royal (édit de Villers-Cotterêts), proclame le français langue officielle. Le travail linguistique au sein des Institutions permet à la langue française de dépasser les frontières des seules communautés de clercs. Il atteint les érudits (les humanistes).
  • Poésie / Littérature
    Sur la littérature en langue française du XVIe siècle :
  • Le XVIe siècle est marqué par l'apparition de la langue française moderne, soutenue par le pouvoir royal de François Ier, et plusieurs écrivains marquants :
  • Guillaume Budé, fils de Jean Budé, ami d'Erasme, de Rabelais, de Thomas More, est un helléniste, philologue (il possèdait une riche bibliothèque), théologien. Il fonda le Collège de France (1530) à la demande de François Ier.
    Rabelais, écrivain français,
    Montaigne, écrivain français, philosophe du scepticisme : il ne comprend pas les querelles entre catholiques et protestants, il est l'auteur des Essais,
    Poésie : L'appellation « Renaissance » est ici aussi problématique : après tout, la littérature n'était pas morte et l'Âge d'or (1530-1560) est finalement assez court et évolue très rapidement vers le Baroque.
  • La poésie compose alors un ensemble assez polymorphe et disparate.
  • D'un côté, quelques formes médiévales subsistent - que l'on songe notamment à Marot utilisant les formes du rondeau, de la ballade de l'épître, formes qui tombent en désuétude avec la Pléiade.
  • Parallèlement, de nouvelles formes apparaissent telles que l'ode, le sonnet, l'élégie, le discours ou l'églogue mais aussi d'autres plus longues telles que les longs poèmes cosmologiques de Scève, les Hymnes de Ronsard qui concentrent sur un thème l'ensemble des savoirs et les poèmes dramatiques (qu'ils soient comiques ou tragiques).
  • Pour autant cette distinction par formes n'est pas toujours évidente, encore moins pertinente, et les arguments permettent tout aussi bien de discriminer la poésie de la Renaissance :
  • Héroïques : peu de réalisation.
    Satiriques : sur la base des poètes latins, ces œuvres visent la condamnation des vices.
    Tragiques.
    Comiques : ayant pour modèle Plaute et Térence, les poètes ridiculisent les défauts de toujours (avarice…) et certains acteurs de la société (courtisanes…).
    Lyriques avec pour sujets l'amour, le vin, les joutes… dans une imitation d'Horace ou Théocrite.
    Poésie d'épanchements amoureux et religieux sur le modèle de Pétrarque notamment.
    Poésie religieuse.
    Les formes permettent un classement d'autant moins pertinent qu'un recueil est alors souvent composé avec différents genres et différents registres.
  • La poésie demeure le genre dominant, produit de la Divine fureur (la furor) envoyée par les Muses. Pontus de Thiard distingue d'ailleurs quatre fureurs divines : la fureur poétique (don des muses), l'intelligence des mystères et religions inspirée par Bacchus, la divination (don d'Apollon) et enfin la passion amoureuse inspirée par Vénus.

 

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